Veuillez rendre l'âme (à qui elle appartient)

Veuillez rendre l'âme (à qui elle appartient)
Veuillez rendre l'âme (à qui elle appartient) est sans doute le meilleur album de Noir Désir. Sorti en 1989, il a rendu célèbre le groupe bordelais avec "Aux sombres héros de l'amer" passé et repassé sur toutes les ondes. Mais, comme tous les tubes, ce titre a occulté le reste de l'album qui mérite ô combien d'attention. On y retrouve ce qui constitue l'essence du groupe : les textes riches en images et en figures de style, la voix de Bertrand Cantat (qui commence à s'érailler), les musiques qui soutiennent si bien les paroles (et qui leur apportent beaucoup), l'ordre des chansons très réfléchi, et surtout l'atmosphère si particulière. Manque encore peut-être l'engagement politique qui ne tardera pas avec Du ciment sous les plaines. Deux chansons sont reprises sur l'album de remix One Trip One Noise : "À l'arrière des taxis" et "Le Fleuve", dont l'univers lourd et fangeux a été poussé à son paroxysme. Rien n'a vieilli dans cet album, rien ne lasse

# Postato sabato 28 agosto 2004 19:31

One trip/One noise

One trip/One noise
Une fabuleuse expérience que ce "One trip/One noise". Presque par jeu, Noir Désir a donné carte blanche à des remixeurs pour qu'ils s'emparent de leurs bandes studios, les retaillent et les reformatent à leur guise. Couronnée de succès, l'opération alimentera ce disque conceptuel de relectures des chansons du groupe par des artistes venus de tous les horizons : de la musique électronique jusqu'au rock expérimental. Privilégiant - c'est selon - l'aspect vocal du groupe, un gimmick de guitares ou une séquence rythmique, les versions alternatives de ces chansons révèlent une nouvelle face de Noir Désir. Composé de remixes concoctés par Sloy, Gus Gus, Yann Tiersen, Zend Avesta et Al Comet (musicien des Young Gods), "One Trip, One Noise" sort le rock de ses frontières habituelles.

# Postato sabato 28 agosto 2004 19:19

Tostaky

Tostaky
L'album est un véritable mythe, un chef d'oeuvre que Noir Désir peut maintenant se réjouir après leur -des visages, des figures."Tostaky", une chanson qui prend au tripe tellement Bertrand Cantat dit la vérité dans ses textes controversés. Les deux chef d'oeuvres ne sont pas les tubes radio mais "one trip/ one noise" et "7 minutes" où Denis confirme son talent avec sa batterie tonitruante; c'est une chansonqui qui aurait belle "gueule" en concert. La recette : très peu de paroles, mais beaucoup de musique. "Johnny Colère" n'est pas là meilleur, loin de là et "Sober Song" non plus. A part ces deux là, -Tostaky- est une initiation vers de nouveaux monde, vers LE continent. "Ici Paris" et "Lolita nie en bloc" sont aussi de bons morceaux et le (tango rock)"Marlène" est un petit joyaux avec "Oublié". Un album vraiment exceptionnel à ne pas réserver qu'aux fans purs, de plus que "Tostaky" est une chanson culte, peut-être la chanson de l'année 92, avec un clip...ouah!

# Postato sabato 28 agosto 2004 19:17

666.667 Club

666.667 Club
Le groupe transforme ici son rock violent et cathartique en une substance musicale plus raffinée et plus dense. Contraint de retenir sa voix, Bertrand Cantat a changé sa manière de chanter : il s'est orienté vers des sonorités plus gutturales, naturellement dures pour ne pas avoir à éructer les mots comme par le passé. Les variations de son chant emmènent Noir Désir vers des climats plus lourds qu'orageux. Moins démonstratif, le groupe bordelais maîtrise ici les atmosphères acides et les menaces soniques, contient sa rage et n'explose que lors de rares cavalcades de guitares à l'intransigeance hardcore. "L'Homme pressé" illustre parfaitement cette démarche. Après trois minutes de tension extrême et d'empilage sonore, seul le refrain final déploie toute la puissance du chanteur. "Fin de siècle", "Septembre en attendant" ou "A Ton étoile" participent du même principe.

# Postato sabato 28 agosto 2004 19:12

Des visages et des figures

Des visages et des figures
L’album « des Visages et des Figures » s’avère par maints côtés différent des précédents, signant une sorte de tournant dans l’orientation musicale du groupe. Non pas que le feu et la verve aient été délaissés pour des choses plus stéréotypiquement radoucies et hypothétiquement plus mâtures : une large place est simplement faite à des embardées musicales qui sortent a priori du style empreint de violence qui a fait le succès du groupe, avec "Tostaky" par exemple.

Ainsi, toute une série de titres s’avère très calme - trop peut-être diront certains - , avec notamment le single "Le Vent L'emportera" - actuellement diffusé sur les ondes - , où les guitares se font acoustiques et la voix presque timide… On notera pour cette chanson la participation de Manu Chao à la guitare et de Akosh Szelevenyi - le jazzman hongrois, saxophoniste attitré de Noir désir. "L'Appartement", "Des Visages Des Figures" et "Des Armes" - qui résulte de la mise en musique d’un texte de Léo Ferré : exceptionnel ! - sont également à ranger du côté apaisé et retenu de cet album, qui prend grâce à ces titres une saveur particulière, et extrêmement agréable, de renouveau.

Néanmoins, la puissance « noir-désirienne » est également de la partie, avec des titres comme "Son Style 1" qui voit le retour aux bonnes vieilles guitares saturées, ou encore "A L'envers - A L'endroit", qui démontre à lui seul la force poétique du groupe et sa flamme un peu brutale…

Pour parfaire l’impression de nouveauté, tout en s’inscrivant incontestablement dans la veine si caractéristique de Noir désir, l’album nous "assène" un titre bizarroïde , "L’Europe" : long de vingt-trois minutes (!), tout à fait étrange tant par ces paroles que par l’ambiance free-jazz créée par Akosh, cette chanson voit l’apparition de Brigitte Fontaine - dont la seule présence est génératrice d’étrangeté. Cette dernière rend ici la politesse faite par la contribution du groupe à son album « Kekeland », avec le titre "Baby boom boom".

« des Visages et des Figures » ne déçoit pas, loin de là ; au contraire, il surprend et ravit par les directions esthétiques inattendues et fertiles des titres, par les collaborations artistiquement fructueuses. Il souligne la maîtrise de Noir Dés’, et sa capacité à explorer des terres nouvelles sans perdre ce qui fait son essence, à savoir le génie poétique et la puissance musicale. Cela peut se résumer en un mot : le talent…

# Postato sabato 28 agosto 2004 19:06